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Comment assurer la sécurité aux frontières tout en gardant  les portes ouvertes à l’ère de l’information 

Notes d'allocution - Secrétaire du Département de la Sécurité Intérieure Michael Chertoff

Département d'Etat des Etats-Unis 

Bureau du Porte-Parole

Le 17 janvier 2006
Auditorium Dean Acheson 
Washington (DC)
(10 h 45 H.N.E.)

SECRÉTAIRE CHERTOFF : Merci, Condi, de vos commentaires éloquents quant à la direction que doivent emprunter nos deux départements face au reste du monde. Je suis heureux de me joindre à la secrétaire Rice et à un bon nombre d’invités distingués du gouvernement et du secteur privé pour parler un peu de notre vision en vue de renforcer la sécurité aux frontières tout en gardant les portes ouvertes aux personnes de l’étranger. 

J’ai eu l’occasion, au cours de la dernière année, de me rendre à certains de nos ports d’entrée et, bien sûr, à des emplacements frontaliers qui sont situés entre les ports d’entrée. J’ai été témoin des importants progrès que nous continuons à accomplir pour améliorer la sécurité à nos frontières et en assurer la protection. Cependant, à mesure que nous continuons à travailler à maintenir nos lois en matière d’immigration et à améliorer notre sécurité, notre patrimoine, notre caractère national, nos intérêts économiques, et même nos intérêts en matière de sécurité nationale, exigent que nous continuions à promouvoir le processus d’accueil pour ceux qui traversent nos frontières légitiment afin de visiter notre pays, d'y travailler et d'y poursuivre leurs études.   

Toujours au cours de la dernière année, Condi et moi avons eu l’occasion de travailler ensemble afin d'élaborer un programme détaillé pour faciliter le trajet de ceux qui veulent venir aux États‑Unis pour y étudier, pour y faire des affaires ou encore pour visiter notre pays. Certains des points sur lesquels nous travaillons de concert, autres que ceux qu’elle a décrits, consistent à profiter de la technologie moderne pour renforcer notre sécurité et faciliter les voyages.   

Abordons tout d’abord les documents de voyage. Chaque jour, des milliers de personnes traversent nos frontières. À cet égard, nous voulons être certains de maintenir la sécurité, mais nous voulons également faciliter l'entrée au pays de ces voyageurs. Or, nous avons un énorme défi à relever, surtout dans nos zones frontalières terrestres, en raison des nombreux passages frontaliers dont nous sommes témoins tous les jours. Un jeu d’équilibre s’impose alors, à savoir assurer la sécurité tout en facilitant la circulation de personnes et de marchandises qui sont essentiels à notre pays, surtout pour un grand nombre de nos collectivités frontalières. 

L’année dernière, le Congrès a mandaté que le département d’État et le département de la Sécurité intérieure travaillent de concert en vue de mettre en œuvre une initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental, laquelle exigera que les voyageurs présentent des pièces d’identité fiables quand ils entrent aux États‑Unis. Bien sûr, cette exigence s’applique tout autant aux citoyens américains qu’à ceux des autres pays. 

Comme vous le savez sans doute, avant cette disposition, les citoyens des États‑Unis et certains résidents étrangers de l’hémisphère occidental n’étaient pas tenus de présenter un passeport. En ajoutant des nouvelles exigences relatives à la présentation de pièces d'identification, comme le prévoit la loi, nous voulons nous assurer que nous continuons à appuyer la circulation libre de personnes et de marchandises d'un côté à l'autre de la frontière, circulation qui revêt une grande importance pour toutes les économies de cette région. 

Nous voulons également, à mesure que nous abordons le mandat du Congrès dans le cadre de cette initiative, faire en sorte que nous continuions à consulter de près nos partenaires canadiens et mexicains du Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l’Amérique du Nord, de même que nos autres alliés dans cette région du monde sur la meilleure façon de faciliter les passages frontaliers tout en respectant la loi et en assurant la sécurité. 

Notre première étape consiste à élaborer un système de cartes de voyages qui soit peu coûteux, efficace et interexploitable. Pour atteindre un bon équilibre entre la sécurité des frontières et l'aisance des déplacements, nous devons utiliser une technologie et une innovation du 21siècle. Nos départements s’attendent donc à ce que, d’ici la fin de l’année, ce système sécurisé soit mis sur pied aux passages transfrontaliers pour répondre aux exigences de l’initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental, sans toutefois qu’il soit nécessaire que les voyageurs possèdent un passeport traditionnel.

Ce nouveau service de sécurité, le People Access Security Service ou système PASS, sera particulièrement utile pour les citoyens des collectivités frontalières qui traversent la frontière chaque jour, vers le nord ou le sud, et fera partie intégrante de leur vie quotidienne. Il s’agirait essentiellement du même type de carte qu’un permis de conduire ou toute autre simple pièce d’identité que nous transportons tous les jours dans nos poches.  

Le système PASS consiste en une première étape importante dans la mise en œuvre d’une plus grande vision partagée d’un système unifié et convivial pour des voyageurs fiables. La secrétaire et moi-même avons travaillé à établir un réseau global d’inscription qui unifiera nos différents programmes de voyageurs enregistrés en un seul système exhaustif. Il s'agit ici de ne recueillir qu’une seule fois les renseignements portant sur un demandeur, puis de créer un système, une structure, qui permet aux agents des départements d’État et de la Sécurité intérieure d’avoir accès à ces données pour confirmer l’identité du voyageur.   

Grâce aux efforts déployés pour créer ce type de système unifié, nous pourrons transformer la gestion de nos frontières, permettant ainsi de réduire le temps d’attente aux ports d’entrée et de cibler nos ressources sur la minorité de personnes qui constituent une menace. 

En raison des améliorations technologiques planifiées à nos ports d’entrées, nous pourrons reconnaître et accélérer la circulation des voyageurs fiables ou à faible risque en liant les détenteurs de carte aux bases de données sécurisées qui nous permettront de vérifier rapidement l’identité et la citoyenneté d’une personne.  

Nous pouvons également miser sur ces innovations technologiques pour améliorer la sûreté aérienne. Nous avons déjà constaté, par exemple, que nos appareils qui lisent les passeports ont aidé à accélérer le passage des voyageurs à nos points de contrôle aéroportuaire tout en ajoutant un niveau additionnel de sécurité. D’ici 2007, les États-Unis auront fait la transition aux passeports électroniques exclusivement, lesquels contiendront des renseignements biométriques. Grâce à ce type de passeport, nous pouvons vérifier l’identité du voyageur, protéger contre l’usurpation d’identité et rendre la vie difficile aux faussaires ou aux imposteurs.   

Beaucoup d’autres pays empruntent également cette direction et nous ont affirmé qu’ils appuyaient, de façon globale, une sécurité accrue de documents de voyage dans le monde entier.  

Tout comme la facilitation et la sécurité, nos systèmes de contrôle sont des éléments critiques. Il ne va pas sans dire que nous nous fions sur ces appareils pour identifier les gens qui nous préoccupent et accélérer la circulation de ceux en lesquels nous avons très grande confiance. L’un de nos programmes de contrôle qui donnent les meilleurs résultats, le US-VISIT, est maintenant utilisé dans 115 aéroports, 14 ports de mer et 154 ports d’entrée terrestres des États-Unis. Il est non seulement très efficace, mais il nous permet aussi de confirmer l’identité des visiteurs et de déceler rapidement d’éventuelles menaces. En outre, grâce à sa capacité biométrique, nous pouvons protéger l’identité et les renseignements personnels des voyageurs contre l’usurpation et la fraude d’identité.

 

Depuis 2004, nous avons intercepté plus de 970 personnes pour infraction criminelle ou violation à une loi ou aux règlements de l’immigration au moyen du US-VISIT et nous l’avons fait sans créer de plus longs temps d’attente pour les voyageurs à nos ports d’entrée. 

 

Il est évident que l’échange d’information est l’élément clé de toutes ces initiatives des technologies de l’information. Condi et moi sommes donc en train de travailler ensemble à intégrer l’information créée et utilisée par nos départements respectifs, fusionnant différents systèmes qui assurent différentes fonctions. Grâce à l’échange d’information en temps réel entre nos départements, nous pouvons simplifier le processus de visas, reconnaître les fraudes et aider à déceler des étrangers non admissibles. Nous ouvrons la voie maintenant pour que, à l’avenir, nous puissions aller encore plus loin dans l’élaboration d’un processus de visas sans papier. 

Finalement, à mesure que nous continuons à explorer différentes façons d’exploiter la technologie et la gestion de l’information pour atteindre nos deux objectifs interreliés, la sécurité et la facilitation, nous devons toujours être conscients de la nécessité de corriger les erreurs et d’aborder les injustices individuelles. Il ne faut pas se leurrer, des erreurs se produisent et nous devons nous assurer de donner aux voyageurs une façon simple de les aborder et de les régler. 

Nous avons pour but d’établir un processus de recours au contrôle des voyageurs à l’échelle gouvernementale avant la fin de l’année pour permettre aux voyageurs qui ont des plaintes ou des problèmes légitimes de résoudre ces questions au moyen d’un guichet unique.

Ce sont là les quelques étapes que nous comptons entreprendre dans un avenir rapproché pour trouver un juste équilibre, à savoir assurer la sécurité de notre pays tout en accueillant ceux qui visitent les États-Unis, qui y travaillent et y étudient. La secrétaire d’État et moi-même continuerons à travailler ensemble avec nos partenaires du gouvernement et du secteur privé et ceux de l’étranger à utiliser toutes les ressources du 21e siècle ingénieux pour relever un important défi – faire de ce pays un endroit sûr pour ses résidents et ses visiteurs, mais aussi un endroit où accueillir la prochaine génération de visiteurs, comme ce fut le cas par le passé.   

Merci beaucoup.

(Applaudissements)

 

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