Rapport sur les Droits de l'Homme
Rapport sur le Trafic des Personnes -
Publié par le Bureau pour le Monitoring et la Lutte Contre le Trafic des Personnes
12 juin 2007 - Cas spéciaux
HAÏTI
Haïti est en transition depuis que la violence répandue et l’instabilité politique ont mené à la démission de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide en 2004. Depuis la publication du Rapport de 2006, il y a eu trois joutes électorales au niveau national et local : les élections présidentielles et parlementaires ont eu lieu au printemps de 2006 suivi des élections parlementaires et municipales qui ont pris fin en décembre 2006. Durant la période couverte par ce rapport, Haïti a lutté pour mettre en place un gouvernement nouvellement élu et contrôler la violence et la criminalité effrénées à Port-au-Prince, sa capitale. Haïti demeure le pays le moins développé de l’hémisphère occidental et compte parmi les pays les plus pauvres au monde avec un revenu per capita de moins de $500 par an en moyenne, et un taux de chômage d’à peu près 40 pour cent. Présentement, la Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti comporte plus de 6,500 hommes de troupe et 1,600 policiers de l’ONU sur le terrain en vue de réduire la violence des gangs et les enlèvements. Dû à l’absence d’institutions gouvernementales et d’une force de police nationale bien formée et bien équipée, Haïti n’a pas pu se colleter aux grand défis présentés par le trafic des personnes. Pour la deuxième année consécutive, Haïti reste dans la catégorie des cas spéciaux en reconnaissance de son statut de transition: son gouvernement doit être bien établi et sûr avant que le pays ne puisse sérieusement appréhender la problématique du trafic des personnes. Cependant, le gouvernement américain anticipe que ce trafic pourra être évalué dans le rapport de l’année prochaine. Les antécédents et les informations qui suivent sont fournis pour aider les autorités du nouveau gouvernement à s’orienter.
Etendue et Ampleur.
Haïti est un pays source, de transit et de destination pour les hommes, femmes et enfants trafiqués à des fins d’exploitation sexuelle commerciale et de travaux forcés. La plus grande partie du trafic en Haïti émane de pauvres familles rurales qui confient leurs enfants à des familles plus aisées dans l’espoir qu’ils seront scolarisés et qu’ils auront accès à des possibilités économiques. La pratique de trafiquer ces enfants que l’on appelle des restavèk est répandue et comprend souvent l’exploitation sexuelle, les abus corporels et la soumission de ces jeunes à la servitude domestique involontaire, ce qui constitue une forme sévère du trafic des personnes. Certains de ces enfants sont envoyés en République Dominicaine où ils vivent dans des conditions misérables. Les petits haïtiens sont aussi recrutés ou contraints de se joindre à des gangs de bandits violents comme combattants ou comme voleurs. Les femmes et les filles dominicaines sont trafiquées en Haïti à des fins d’ exploitation sexuelle commerciale. Il a été rapporté que les femmes dominicaines sont trafiquées dans les bordels haïtiens desservant les soldats de maintien de la paix des Nations Unies. Les haïtiens sont aussi trafiqués vers la République Dominicaine où ils sont exploités au niveau de la main d’œuvre dans les plantations de canne à sucre et dans l’agriculture.
Domaines Exigeant l’Attention du Nouveau Gouvernement Haïtien.
Les autorités haïtiennes reconnaissent que le trafic des personnes constitue un sérieux problème dans le pays. Le gouvernement devrait déployer tous les efforts requis en vue de passer une législation globale dans le but de définir et de criminaliser toutes les formes de trafic en plus de renforcer la capacité de la Police Nationale d’Haïti et de la Brigade pour la Protection des Mineurs leur permettant ainsi d’investiguer et de poursuivre en justice les cas de trafic. Le gouvernement devrait continuer à travailler de concert avec les ONG et les administrations du bien-être social en vue d’améliorer leur capacité à identifier, à référer et à fournir des services aux restavèk et autres enfants haïtiens exploités comme serviteurs domestiques. Le gouvernement devrait aussi offrir une formation anti-trafic aux juges, à la police et aux procureurs tout en travaillant avec la République Dominicaine pour améliorer la sécurité et aider les victimes de trafic le long de la frontière. Haïti n’a pas ratifié le Rapport des Nations Unies sur le Trafic des Personnes de 2002.